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dimanche 31 octobre 2010

Eloge de la sieste



ZZZZZZZZZZZZZZ


Dormir lorsque le soleil danse sur le parquet. Rêver d'un bal masqué, d'une valse suspendue ou d'un tango nuageux, les paupières sont lourdes comme des rideaux de velours noir, les étoiles sont là et sourient devant   ce corps allongé, étiré entre deux comètes.
Silence, le moindre bruit éveillerait cette âme légère et voyageuse, son chemin serait alors détourné vers une banale réalité. Les livres forment autour de lui, une muraille imaginaire, empilant dragons et sorcières, lapin et pirates, ours et chevaliers.....


chemin faisant 2005     ©BD



les quatre saisons 1999  ©BD



étrange nature 2004    © BD



les quatre saisons 1998   © BD




le plus bel âge 2000   © BD







bamako 2005   ©BD




la vallée 2003


Mordu, sucé, caressé, le vieux doudou accompagne l'aventurier dans un moment suspendu, perché sur la branche ensommeillé d'un arbre-esprit. La forêt est profonde. Au loin une clairière découvre un château de sucre.

vendredi 15 octobre 2010

Sacré Sac d'Os !!!





Sacré Sac d’Os

Comment ! Tu m’as traité de sac d’os, tu t’es vu, pauvre crâne d’œuf, t’as plus rien sur la tête !

Je vais te balancer un coup de queue et tu vas te transformer en jeu d’osselet

Tu rigoles, moi je tiens sur mes fémurs, c’est pas comme toi, toujours à quatre pattes.

Corne de bœuf ! Mais tu te moques de moi

Et ce n’est pas tout, tu devrais aller chez le dentiste, tes dents sont cariées

Arg !., je vais me le faire ce brontosaure de malheur, toujours à brouter

Vous commencer à me casser les oreilles les amis, je fais ma sieste

Quel rabat-joie, le tyran avec sa grande gueule !

Je n’ai pas bien entendu ? Qui a une grande gueule ?

Rien, rien, c’est le gardien, toujours à se plaindre de la poussière.

Et c’est ainsi depuis des millénaires…




samedi 9 octobre 2010

Cuvons nos bonnes vieilles tri-x !!







Voilà un acte de résistance mûrement réfléchi : le retour aux bonnes vieilles tri-x, un noir et blanc granuleux, de la gélatine en rouleau, des ions d'argent qui frémissent, le grain qui se révèle ! Mais pour développer ces dizaines de films en attente sur l'étagère du salon, il me fallait acquérir une incontournable cuve "Paterson", design inchangé, des spires vierge de tout développement. Celle que je possédait avait du disparaître pendant un déménagement. Comment définir ce plaisir de retourner au coeur de la chambre noire, dans une obscurité primitive où les mains cherchent la languette du film pour la glisser délicatement dans la spire, une sensation d'aveuglement, le poignet commence à effectuer de légères rotation et le film s'enroule. Enfin un léger coup de ciseau, refermer la cuve et rallumer la lumière avant de verser le révélateur, préparé la veille, comme une bonne soupe à réchauffer. La température doit tourner autour de 20 ° pour ne pas brusquer les grains d'argent et les retournements de la cuve effectués toutes les trente secondes pour ne pas transformer la gélatine en milkshake. Fixateur, lavage, le film peut sortir de son bain et plonger dans une réalité lumineuse, il offre enfin ses images à l'oeil attentif. La photographie se révèle....





dimanche 3 octobre 2010

Sans forcer la main, rue du dépôt...



Pas plus de cinquante minutes pour rejoindre Arras, plus facile qu'aller à Cergy ou Evry, ma mission devait être rapide et efficace. Marcher, shooter, marcher et partir. Ma cliente, une jeune postière affectée au tri automatique, jolie blonde au yeux de chat, à peine ébloui par la lumière et déjouant les codes  comme une lettre à la poste. Le centre de tri se trouvait derrière la gare, au numéro 22 d'une rue sans équivoque, la rue du dépôt. Le chef de quai, quatre fois étoilés et d'un accent minéral m'indiqua la marche à suivre, à peine 800 m de trottoirs, droite, gauche puis droite sans crochet. Les signes avant coureur d'un ralentissement éveillèrent mon besoin d'inventaire, la présence d'êtres humains sans poubelle ne faisait aucun doute. Compression de Kro , flyer pour tourisme italien et mégots sans rouge à lèvres balisaient mon chemin. Je n'avais pas besoin de petits cailloux, j'allais retrouver la gare sans difficulté. Au centre de tri, une personne du service communication fût étonné de l'envoi d'un photographe. Cela devait revenir trop cher, elle aurait pu s'en occuper me dit-elle. Un petit clic pour une grande claque. J'aurai aimé être loin, à m'occuper de ruches, à sauver ce qu'il restait d'essaims, à caresser les abeilles pour qu'elles s'endorment en rêvant d'un monde sans pesticides.



samedi 2 octobre 2010

A toi de jouer !!


© claire dé





 Précipitez vous chez votre libraire préféré et demandez lui cet ovni des "Grandes Personnes", toute nouvelle maison d'édition jeunesse dirigée par Brigitte Morel . "A toi de jouer" est le fruit d'un long travail où Claire Dé, en chef d'orchestre, a dirigé une symphonie d'objets jaune et orange pour composer une partition lumineuse et magique. Dans l'esprit de ses précédents livres, Claire Dé propose de multiples entrées pour voyager dans son univers. 




Ici , le lecteur est à l'ouvrage, il pense, voyage , combine et déroule son propre chemin. Des installations combinatoires qui  dévoilent des êtres fantastiques, des poster géants, un accordéon à dérouler et des hommages aux grands artistes contemporains. 



















Ce livre a reçu le soutien du CNL sous la forme d'une aide à l'édition. Claire Dé a publié entre autres, "Big bang book" au seuil jeunesse et "Ouvre les yeux" (grand prix du Val de Marne),chez Panama (qui a déposé le bilan en 2009) qui sera réédité chez les Grandes Personnes en 2011

Le nouveau site de Claire Dé est en ligne www.claire-de.fr
Claire Dé est actuellement à Bologne..

 

samedi 25 septembre 2010

Inventaire d'une marche forcée



  Vous voyagez à 300 km/heure, plus rien d'étonnant, les vieux trains corail sont oubliés, fini les vitres ouvertes et les photos encadrées dans les compartiments. Vous arrivez en gare TGV, loin du centre ville, mettons quatre km, là où vous avez rendez vous. Le parking est bondé, les voitures défilent et les taxis attendent leurs clients. Vous aimez marcher et cherchez un plan pour vous repérer. Aucune carte de la ville affichée en gare, les agents ne connaissent pas le nom de la rue où vous vous rendez. A l'heure des smart-phone et GPS, quand la voiture est reine, vous espérez encore vous déplacer comme un aventurier du vingtième siècle. Têtu, votre caractère est authentique, vous vous décidez à tenter l'épreuve. Sortir de la gare, se faufiler entre les centaines de véhicule relève de l'exploit. Puis vous abordez un premier rond point. Personne ne marche, les automobilistes klaxonnent, vous prennent pour un vagabond. Ensuite une seule solution, une quatre voies rapides et la bande d'arrêt d'urgence. Là, vous passez pour un fou. Au bord de la route puis vers la zone commerciale, vous commencez un inventaire des traces humaines inscrites dans le bitume, dans l'herbe des bas-côtés. quelques images de compressions, hommage à César .Vous arrivez dans une zone industrielle et abordez les clients avinés d'un restaurant pour routier, personne ne connaît la rue des Frères Lumières. Exaspération, ronchonnement, déjà une heure que vous marchez et toutes les personnes rencontrées vous demandent où est votre voiture. Mais vous marchez et l'étonnement se lit sur leurs regards. Mais on ne se déplace plus à pieds  au vingt-et-unième siècle,  sauf dans les parcs d'attractions ou les zones piétonnes des centre-villes. Vous arrivez à votre rendez vous et votre client est affolé. Mais pourquoi n'avez vous pas appelé ? Je marche monsieur..



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