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jeudi 11 octobre 2012

Henri Bauchau, presque un siècle traversé !

L’écrivain Henry Bauchau est décédé 

Henry Bauchau est décédé, il avait près de 100 ans. Écrivain, poète et psychanalyste, il avait accordé au Magazine Littéraire un entretien à l'occasion de la sortie de Présent d'incertitude, cinquième tome de son journal. Parcours d'une oeuvre à la croisée de la mythologie et de la psychanalyse.


“L’histoire du monde serait plus juste si l’on tenait compte de l’histoire des dormeurs et de leurs songes”

Henry Bauchau Exposition bruxelles Endevia

http://bauchau.fltr.ucl.ac.be/ , sa fondation avec archives, et prix "henri bauchau"




Henry Bauchau en 2008. © Stéphane Lavoué / MYOP pour Télérama


Avec son dernier roman publié, L'Enfant bleu , il a quitté l'Antiquité pour suivre le long travail de Véronique, une psychothérapeute : en utilisant le mythe du labyrinthe où Thésée se résout à tuer le Minotaure et en révélant à Orion ses capacités artistiques, elle permet au jeune psychotique d'échapper à la fatalité pesant sur le « peuple du désastre » comme autrefois Henry Bauchau, psychanalyste, a guidé Lionel, adolescent en grave difficulté, vers le dessin et la peinture qui lui ont donné sa place dans la société
.

Avec L’Enfant rieur, oeuvre en prose atypique, Bauchau plonge dans les ombres qui obscurcissent sa vie depuis ses origines, résonnant toujours de souffrance, d’insatisfaction et de culpabilité, malgré tant d’années vouées à la psychanalyse, au soulagement des autres, à l’amour de ses enfants et de Laure, mais aussi à l’assemblage des «mots comme des fleurs, des plantes, non comme des idées» et à l’interrogation lancinante du Dieu chrétien. Bauchau braque aujourd’hui sur ses souvenirs une lumière crue, traquant une vérité dépouillée de tout désir de plaire, s’interdisant les poses de l’écrivain rédigeant son journal et repoussant les défenses construites pour rendre audible le récit du roman familial. La couverture de L’Enfant rieur porte la mention «récit». Le «je» y alterne avec le «il» pour désigner le «personnage», qui ne s’abrite derrière nulle transposition des noms, des dates ou des lieux. Le livre s’ouvre avec l’interdit que la guerre fait peser, dès l’âge de 3 ans, sur Henry, désigné par son frère Olivier comme «l’enfant du miracle» pour avoir survécu deux ans plus tôt à l’incendie de Louvain. «Au lieu de continuer à rire, il a été forcé dès sa petite enfance de vivre la haine. Il ne voulait pas ça.» Il ne s’en est jamais remis.
L’enfance et l’adolescence qui suivent ces événements fondateurs résonnent de l’étrangeté d’un monde disparu ; le père dispose sur sa famille d’un pouvoir écrasant, et il est essentiel de lui «complaire» dans le cadre d’une éducation bourgeoise empreinte de catholicisme ; à l’armée, l’aptitude à monter à cheval demeure un critère essentiel pour ne pas risquer l’opprobre.
L’échappée dans l’imaginaire, le passage de femmes bénéfiques - Mérence, puis Clémence -, le refuge dans la maladie, puis le dépassement dans le sport permettent au jeune Henry de franchir bien des obstacles. Ses amitiés de jeunesse sont fortes. Il reconnaît le caractère manipulateur de Raymond, un des penseurs de l’Action catholique. Il clarifie sans faux-semblants sa relation avec Théo : «Moi qui suis attiré par les jeunes filles et par les femmes, j’aime un garçon, et lui m’aime aussi. Hélas ! Il y a une grande différence : Théo est homosexuel, et je ne désire pas l’amour physique avec lui. [...] Je rencontre enfin un amour partagé et je dois m’en défendre.» La rencontre avec Mary, une jeune femme russe rapidement enceinte, qu’Henry épouse sans l’accord de ses parents, est l’occasion de bien d’autres frustrations, drames et tourments, mais aussi des pages les plus étonnantes du livre, où la colère et le désespoir vibrent au présent. Toute mise à distance mais aussi toute poésie dans l’expression sont bannies. Ne résonnent plus que des sons criards et des phrases pleines de fausses notes.
L’éternel retour se met en place. L’auteur ne l’analyse pas. Il laisse parler les faits. L’enfant venu en second est frustré de l’amour de sa mère, accaparée, selon lui, par Olivier, l’aîné, le préféré. Il éprouve ensuite la même impression face à l’attitude de son épouse envers son fils cadet, Patrick, qu’il protège.
Pendant ce temps, l’entreprise de violence et de terreur du «démon» Hitler progresse. L’enfant rieur, que la guerre précédente a condamné à la tristesse, ne parvient pas à devenir un homme d’action salvateur, et il ressent la capitulation du pays comme la sienne. Il la ressent encore. Mais il ne renonce pas à ce qu’exprime un poème magnifiquement intitulé «Il n’est pas permis d’être vieux» : «Nous venons, nous partons en état d’ignorance/Le dialogue des monts et des eaux printanières/Va nous précipiter dans la métamorphose.»

 







 

Entre écriture, enseignement et psychanalyse


Il s’installe alors en Suisse, à Gstaad, et dirige établissement d’enseignement privé. Il écrit sa première pièce, Gengis Khan. Elle sera mise en scène par Ariane Mnouchkine en 1961, puis en 1988 par Jean-Claude Drouot au Théâtre national de Bruxelles.

A partir de 1975, Henry Bauchau habite de nouveau Paris et alterne ses activités professionnelles : il est psychothérapeute auprès d’adolescents en difficulté et il est également chargé de cours à Paris VII. Il enseigne les rapports entre l’art et la psychanalyse. En parallèle, il continue ses travaux d’écriture. En 1982, il publie l’Essai sur la vie de Mao Zedong qui lui a demandé de nombreuses années de travail. Il est salué du Prix quinquennal de littérature en 1985 pour l’ensemble de sa carrière.

Il entame alors son cycle mythologique avec Œdipe sur la route (1990), puis Diotime et les lions (1991) et Antigone (1997). En parallèle, Henry Bauchau publie son Journal d’Antigone (1989-1997) qui permet de comprendre comment il mêle la poésie, les rêves, l’inconscient et l’écriture.

lundi 13 février 2012

Abandon de poste, un blog échoué...

lac supérieur © bertrand desprez 2010


Abandon de poste, le navire-blog échoué sur un banc de sable. Le capitaine s'est-il trop rapproché des côtes ou tout simplement, l'absence d'un compas dans l'oeil et de cartes mises à jour lui a joué un tour pendable. Alors , ce blog reprend la mer, tonnerre de Brest ! L'océan des possibles, vagues à l'âme ety vents debouts. L'hiver est rude et les blogs gelés!
Première résolution, renflouer, calfeutrer, hisser la grande voile.
Enfin, il bouge un peu, une légère houle, un vent d'est glacial.
A bord, je redécouvre quelques livres oubliés par le dernier équipage, des auteurs approchés sans les avoir totalement vécus.
Camus et "L'étranger" m'envoie une brise légère, fluide et envoutante, un engrenage impitoyable autour d'un personnage sans relief, au destin cruel. Une quête de l'absurde qui ne quittera pas Camus.

Albert Camus s’explique dans une dernière interview, en janvier 1955 :
« J’ai résumé L’Étranger, il y a longtemps, par une phrase dont je reconnais qu’elle est très paradoxale : “Dans notre société tout homme qui ne pleure pas à l’enterrement de sa mère risque d’être condamné à mort.” Je voulais dire seulement que le héros du livre est condamné parce qu’il ne joue pas le jeu. En ce sens, il est étranger à la société où il vit, où il erre, en marge, dans les faubourgs de la vie privée, solitaire, sensuelle. Et c’est pourquoi des lecteurs ont été tentés de le considérer comme une épave. On aura cependant une idée plus exacte du personnage, plus conforme en tout cas aux intentions de son auteur, si l’on se demande en quoi Meursault ne joue pas le jeu. La réponse est simple : il refuse de mentir. » (...)


Camus23.jpg





Naissance, le 7 novembre, d'Albert Camus à Mondovi, petit village du Constantinois, près de Bône (Algérie).
Camus ne connaîtra pas son père, ouvrier caviste : Lucien Camus, mobilisé et blessé à la bataille de la Marne en septembre 1914, meurt à l'hôpital militaire de Saint-Brieuc à l'âge de 28 ans : de son père, il ne connaîtra qu'une photographie, et une anecdote significative : son dégoût devant le spectacle d'une exécution capitale. Albert Camus, élevé par sa mère mais surtout par une grand-mère autoritaire, et par un oncle boucher, lecteur de Gide, « apprend la misère » dans le quartier populaire de Belcourt, à Alger où ils ont émigrés : « La misère m'empêcha de croire que tout est bien sous le soleil et dans l'histoire ; le soleil m'apprit que l'histoire n'est pas tout. » Sa mère, Catherine Sintès, d'origine espagnole, fait des ménages pour nourrir ses deux fils, Lucien et Albert. Camus éprouve pour pour elle une affection sans bornes, mais il n'y aura jamais de véritable communication entre l'enfant et cette mère exténuée par le travail, à demi-sourde et presque analphabète. À sa mère qui parlait peu et difficilement, « qui ne savait même pas lire », le lie « toute sa sensibilité » ; on peut penser qu'une partie de l'œuvre s'est édifiée pour tenter d'équilibrer cette absence et ce silence, ou de leur répondre.
A la boucherie de l'Oncle en 1920, Camus en blouse noire




Voilà le Vent nous porte sur une mer Camusienne
à bientôt



vendredi 11 mars 2011

Quel Cirque !!!

Voilà, la lumière s'est éteinte, il vous reste des poussières d'étoiles au fond des yeux, des trapézistes intrépides habitent votre mémoire, ils s'envolent d'une oreille à l'autre, le chapiteau vibre encore des applaudissements du public. Vous ouvrez les yeux, le spectacle continue, acrobates sur des mats vertigineux, dresseurs de puces savantes et chevaux de feu... Vous voilà sur la piste, vous tournez, telle une toupie prise de folie, vous bondissez puis plongez dans un bain d'ivresse, le cirque vous emporte. Voyage du corps, voyage des sens...


Le Cirque, c'est la concentration 
silencieuse ,
l'art de jouer sans dire un mot,

l'anti-théâtre,
la technique des sourds st muets
qui sont les plus grands acteurs
du monde,
tout ce qui est le contraire du cinéma.
C'est une grande, une épuisante école
à l'opposée de la comédie.
notre profession est faite
de vingt métiers à la fois.
ce sont ces vingt métiers qui font 
une vedette.

CHARLIE CHAPLIN
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© Pierre Fatus


« Ostéopathe de la bêtise, décathlonien de la vigilance, Fatus est un clown de la bonne veine, autant dire un clown grave et authentique qui, chose devenue rare, sait faire corps avec ses mots.
Parti à la recherche de l’Homo ridiculus dont nous descendons tous, de clairières musicales en gesticulations chorégraphiques, Fatus visite pour nous le monde parsemé de faux-semblants. Emporté dans un parcours verbal jubilatoire, ce clown poétique et singulier a le geste large : pour conjurer la nuit mentale qui menace, il lui dresse des voies lactées à grandes poignées de neurones. »  

Stefan Lévy-Kuentz

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© clothilde Grandguillot
Clothilde Grandguillot est née à Alger en 1971. Elle est photographe et diplômée en ethnologie. En 1997 elle choisit Marseille pour port d'attache et le crique comme thème de recherche. Les cirques la guident alors au Maroc, en Mongolie, au Viet-nam, en Indonésie, en France et en Espagne. Ses travaux prennent la forme d'expositions (en France et à l'étranger) et de publications régulières.  


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Une paillette d'or est un disque minuscule en métal doré, percé d'un trou.
Mince et légère. elle peut flotter sur l'eau. Il en reste quelquefois une ou deux accrochées dans les boucles d'un acrobate. Ainsi s'ouvre Le funambule. un des textes emblématiques de l'oeuvre de Jean Genet. dédié à sou ami Abdallah.

Jean Genet (1910-1986) est l'auteur de romans, de pièces de théâtre et de poèmes. Notre-Dame-des-Fleurs, Journal du voleur, Les bonnes, L'atelier d'Alherto Giacometti sont quelques-unes de ses ouvres les plus célèbres. 

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De Chagall à Léger, sur le fil d'une toile


  

Fernand Léger est un spectateur assidu du cirque Médrano...


Fernand Léger















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La littérature se joue des mots et jongle avec des phrases
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C'est une fable expresse, à peine vingt-cinq lignes, qui donne son titre à l'ensemble du recueil fructueuse chasse à l'homme au nez rouge avec hélicoptères, barrages routiers et fusils à seringue hypodermique ainsi conclue : " Les parents ont poussé un soupir ; leurs enfants allaient enfin cesser de regarder dehors et se mettre à leurs devoirs. Demain, en contrôle, ils auraient de bonnes notes. Et s'ils étaient sages le reste de la semaine, ils iraient au cirque le samedi. " Sous l'épais maquillage du fugitif en rupture de roulotte : l'individu moderne, tel qu'il apparaît dans sa précarité à l'auteur du Général Solitude.

Des nouvelles où l'ordinaire prend la tangente sans quitter l'exploitation du quotidien.
     
Nous y sommes. Dans l'engrenage du temps salarié, oui, bien sûr, contraints de nous détendre et de nous concentrer aux moments qu'il convient. Coincés parfois dans des cercles fermés où ne comptent que les affaires, pas les affaires de coeur, les autres, les vraies. Et dans les zones incertaines où le jour menace la nuit, où la planète, si nous continuons, risque de ne plus tourner rond. C'est bien notre monde, d'accord, et ce talent appartient en propre à Eric Faye. Romans, comme les Cendres de mon avenir, ou nouvelles comme ici, il prend la tangente du conte fantastique sans quitter du regard les gisements d'angoisse de la vie quotidienne. Mais si Un clown s'est échappé du cirque, recueil de nobles rébellions pour cause de pannes, pour plagier un autre titre de sa bibliographie, requiert la plus grande attention, c'est que l'auteur nous convoque et nous retient, chaque fois, sur les lieux de son histoire.
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Et Zavatta qui fait son cirque.................!............!...............!.................

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© florence delahaye
Un livre qui regroupe la majeure partie des compagnie circassiennes, de très belles images et une source de documentation historique sur la création actuelle.

600 pages et 70 compagnies ou artistes français et étrangers. Les auteurs s’attachent à donner une vision incarnée du cirque contemporain, composite et ouverte. Chaque compagnie fait l’objet d’un texte décrivant son univers, illustré par des images des créations, des coulisses, des portraits, des traces manuscrites (brouillons, esquisses…) et livre sa conception des arts du cirque en perpétuelle redéfinition.
 


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Danilo Kis (né à Voïvodine en 1935, mort à Paris en 1989) a tissé son œuvre d'une profonde réflexion sur les totalitarismes du XXe siècle tant communiste que fasciste.
Dans ces récits d'inspirations autobiographiques, ce styliste remarquable évoque l'oppression nazie et Les premiers chagrins du jeune narrateur dans un monde en voie de disparition. Kis est notamment l'auteur de Un tombeau pour Boris Davidovitch (Gallimard, 1979) et Homo poeticus (Fayard, 1993).

Une trilogie autobiographique, Le Cirque de famille, rend compte à la fois de son histoire et de sa formation littéraire, comme Danilo Kis lui-même l'écrivait dans un bref avant-propos en 1973. De Chagrins précoces à Sablier, en passant par Jardin, cendre, il voit une esquisse successivement recouverte par des versions plus affirmées, plus sombres, aussi. Les derniers mots de Sablier sont peut-être la meilleure conclusion de cet ensemble: «Mieux vaut se trouver parmi les persécutés que parmi les persécuteurs.»
Après avoir liquidé, en quelque sorte, son propre passé, Danilo Kis s'est ensuite intéressé à celui des autres hommes.

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Vingt nouvelles très courtes, à la façon d'instantanés, campent l'univers de l'auteur : des silhouettes étranges et des monstres séduisants. Xavier Bazot dessine avec une naïveté feinte un monde énigmatique et poétique. 

"Sa mère, un matin, tua son père d'un coup de carabine. Ensuite elle alla dans le jardin cueillir des poires, en chantonnant." Les vingt-cinq nouvelles qui composent ce recueil sont à l'image de la chute de Un Crime : étonnantes, légères et décalées. Nous sommes loin du style baroque du seul roman de Xavier Bazot -Tableau de la passion (P.O.L, 1990)- qui préfère ici une prose simple, humble presque naïve. La poésie de ces textes très courts vient de là, de cette voix (parfois précieuse) qui effeuille sans pathos un monde sans pesanteur : "Pierrot a été à la guerre. Il devait tuer les gens avec beaucoup de tendresse." (Dans les Marais).
Dans un des plus elliptiques récits (Trois de mes Amies), le narrateur écrit à propos d'une femme : "Elle se plia à ma présence comme on accepte un temps de saison." Les nouvelles de Xavier Bazot sont ainsi, comme un soleil de mai qui brille en automne, incongrues, on les accepte pour cette nostalgie qu'elles ensemencent.  

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Michaela a abandonné son milieu pour devenir écuyère de cirque. Après avoir épousé son directeur, Hermann Kier, l'amazone est victime d'un accident qui lui fait perdre la raison. Contre l'avis des médecins, son mari la garde auprès de lui, enfermée dans une roulotte d'où elle ne sort que le soir pour présider « le souper de Son Altesse », La démente se croit en effet Princesse régnante d'un royaume imaginaire... Sa « cour » est formée des artistes du cirque : clowns, funambules, trapézistes, dompteurs. Un soir, une lueur de lucidité fait comprendre à Michaela qu'elle a été remplacée dans le cour de Hermann Kier par la Française Isabelle. Elle n'a plus qu'une idée : faire mourir sa rivale, mais ne réussit qu'à provoquer un nouvel accident au cours duquel Isabelle perd l'usage de ses jambes. Dès lors, l'action est menée entre ces trais personnages hallucinants : une démente, un dresseur de chevaux et une paralytique.
Guy des Cars fut également un grand amoureux des arts du cirque.
Rattachant ses œuvres à la catégorie du « roman de gare », ouvrage distrayant et superficiel, certains critiques littéraires l'avaient surnommé « Guy des Gares ».
 

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Quelques belles gravures ou affiches, notamment de Barnum & Bailey, immense cirque de l'Oncle Sam !!

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Brooke Stevens est salué aux Etats-Unis comme le David Lynch de la littérature.
Après Tattoo Girl, Circus est son deuxième roman traduit aux Editions Autrement. :

Roman haletant, Circus entretient la surprise aux confins du fantastique. Parabole foisonnante sur la dimension spirituelle du spectacle, directement inspirée par l'expérience de l'auteur, c'est aussi un hommage baroque aux pouvoirs surnaturels du cirque et à ces artistes qui, chaque soir, mettent en scène le jeu troublant de la vie et de la mort.

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Quelques ouvrages jeunesses, parmis des dizaines consacrés à l'univers du cirque !!








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toiles et toiles
  • Le Cirque, 1928, Charlie Chaplin
  • Sous le plus grand chapiteau du monde, Cecil B. DeMille, 1952
  • Le plus grand cirque du monde, H. Hatahway, 1964
  • Parade, J. Tati, 1974

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    à bientôt pour un second numéros consacré au MONOCYCLE dans tous ses états !!!

    jeudi 20 janvier 2011

    Quel fatras, ne pas oublier Prévert !



    le grenier des lucioles  © bertrand desprez














    Amas confus de choses
    ou
    amoncellementdésordrefouillismélange
    méli-mélo
    et ramassis.
    de tout et de rien
    surtout 
    et


    Redécouvrir Prévert par hasard, fouiller le fatras de nos mémoires encombrées, trouver des mots sertis , sentis, ressenti des sentiers sinueux. Rires et fous, convictions d'un homme démultiplié, grand braquet pour le septième art, en roue libre, poète et jongleur, en selle pour l'aventure des mômes. Dérailleur des causes pourries, guerre insupportées et religions des messes-basses, il a flanqué quelques fessées verbales aux hypocrites de tous poils. Curée des curés, pilonnage des généraux, tronçonnage des cons. Pour ma chapelle, il a rencontré des beaux yeux, féminins, et des regards affutés, masculins pour la plupart d'entre-eux:


    © izis





    Ami de la plupart des grands photographes français de son temps, Prévert s’est beaucoup fait photographier, notamment par Doisneau et Brassaï. Il a écrit des textes pour des ouvrages de photos de Paris signées Izis (Grand Bal du printemps, 1951), Peter Cornelius (Couleurs de Paris, 1961) ou Romain Urhausen (Les Halles, l’album du cœur de Paris, 1963).

    © robert doisneau
    Grand bal du printemps, Prévert et Izis






    Amoureux de Paris, Prévert n’a cessé, sa vie durant, de célébrer à sa manière son attachement à la capitale. Cet éclectisme assumé se double d’un refus absolu de tout conformisme. Curieux de tous les arts, il a abordé avec le même talent littérature, théâtre, cinéma, poésie, chanson, dessin, photographie… Compagnon du surréalisme, ami de Giacometti et d’Yves Montand, peint par Picasso et photographié par Doisneau, Izis, Brassaï, de l’agitprop des années 1920 à l’engagement en mai 68, Prévert reste l’électron libre génial de son siècle.  Sa vie se confond avec l’histoire artistique du vingtième siècle et la connivence qu’il a su tisser avec les plus grands créateurs (Picasso, Miro, Doisneau, Carné…), a produit quelques-unes des œuvres les plus importantes de cette période.



    deux expositions à venir :
    à la MEP












    Photos détournées,
    collages de Jacques Prévert

    Du 9 février au 10 avril 2011 à la Maison Européenne de la Photographie(Paris). Co-commissariat Fatras.
    Tout au long de sa vie, Prévert s'est lié d'amitié avec de nombreux photographes. Ces connivences ont inspiré de nombreux livres réalisés en collaboration, mais aussi des jeux de correspondance entre l'écriture et la photographie. Cette exposition présente un aspect de la création de Jacques Prévert assez peu connu : les "images", comme les appelait lui-même l'artiste. Y sera présentée une sélection de collages réalisés par Prévert à partir de photographies de ses amis : André Villers, Robert Doisneau, Brassaï, Izis...







    "Des Bêtes"... Jacques Prévert et Ylla
    À partir du 8 avril 2011 à la Maison Jacques Prévert (Omonville-la-petite, 50). Avec le concours de Fatras.
    À l'occasion de la réédition par le Cherche-Midi Editeur d'un livre oublié,Des Bêtes, qui associe un texte de Jacques Prévert et des phtographies d'Ylla, la Maison Jacques Prévert propose une exposition retraçant la collaboration de ces deux artistes aux fortes personnalités. Photographies, livres illustrés, correspondances, extraits de textes font découvrir deux livres : Le Petit Lion (1947) et Des Bêtes (1950), que le poète et la photographe animalière réalisèrent ensemble. Ils y conjuguent leurs regards autour d'un thème commun : la condition animale.
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    Livres, ivre à tomber raide



    Bien sur, il est difficile de parler de l'oeuvre littéraire de Jacques Prévert tant elle est foisonnante, poétique, surréaliste et cinématographique.


    leshalles.jpg



    un objet rare !!!


    au pied du lit



    "LE BIJOU"




    un livre magnifique sur le cirque, certainement un des plus beau, très difficile à trouver, aux alentour de 300 € !



    CHAGALL
    texte de Prévert & photo d'Izis

    Naturellement Izis s'intéresera au cirque, boite magique d'ou surgit êtres et choses. Semblable au Cirque Fortunio que découvrit Chagall émerveillé à Saint-Paul-de-Vence un soir d'été, Izis se plait sur la piste et nous montre les Fratellini à la vie, d'extraordinaires acrobates et équilibristes, des vrais montreurs d'ours, avaleurs de sabre, Miss Adrienne Anciau la reine de l'air, Mademoiselle Noël et sa chèvre Reinnette, le magnifique jongleur Kach-Maht et tant d'autres artistes.


    cirque Moralès © bertrand desprez

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    Prévert et Carné


    Drôle de Drame

    Une atmosphère complètement décalée, des dialogues exceptionels... et que dire de la distribution ? Un pur chef-d'oeuvre



    Quai des Brumes
    Pour ce film, Marcel Carné obtiendra par exemple le prix Louis Delluc en 1939.
    Les deux hommes s'étaient rencontrés à l'époque du Front populaire. Prévert est un homme de Saint-Germain-des-Prés, Marcel n'a jamais vraiment quitté le Xe arrondissement. Il cueille volontiers la fleur bleue sur les fortifs, les cafés pris sur le zinc, les cris des marchands de journaux. Il a forgé sa sensibilité dans les baraques foraines, les cafés-concerts, et le Casino de Paris. Le duo fait ses premières armes en 1936 avec "Jenny" et poursuit, parfois dans l'incompréhension de la critique, avec "Drôle de drame" (1937), "Quai des brumes" l'année suivante avec Jean Gabin, Michel Simon et la jeune Michèle Morgan, "Le jour se lève" (1939). En pleine occupation nazie, ils tourneront dans les pires conditons " les Visiteurs du soir"(1942) puis, avant le Libération, 
    Les Enfants du Paradis
    Le Jour se lève"Les enfants du Paradis" (1945), considéré comme l'un des meilleurs films de l'histoire du cinéma, à laquelle contribue le jeu d'Arletty-l'inoubliable Garance-, de Pierre Brasseur et de Jean-Louis Barrault. Un hymne à la vie et à l'amour que l'on ne se lasse pas de voir et de revoir. "Les portes de la nuit" (1946) avec Yves Montand notamment, est également un film réalisé par Carné et écrit par Prévert.
    Le cinéma de Prévert, c'est d'abord une image qui vous tire par l'oreille avant de vous attraper l'oeil. Une image qui s'entend avant de se voir.
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    Prévert et Cosma


    Prévert écrit ses poèmes sans se soucier des règles. Une façon simple de dire la vie et l'amour. Il l'a exploitée avec autant de force dans ses chansons.
    Ses compositeurs, Kosma et ses interprètes, Montant, Gréco, Reggiani, donneront un relief en habillant ses mots de musique. Il faut savoir battre la mesure et parfois oublier de la battre. D'où parfois une certaine complexité dans l'analyse musicale mais des morceaux qui savent rester simple à écouter.










    Les feuilles mortes interprétée par Montant en 46, Mouloudji, Cora vaucaire, Edith Piaf, Barbara
    Et chanson pour les enfants d'hiver:

    Dans la nuit de l’hiver galope un grand homme blanc.
    C’est un bonhomme de neige avec une pipe en bois,
    un grand bonhomme de neige poursuivi par le froid.

    Il arrive au village.
    Voyant de la lumière,
    le voilà rassuré.
    Dans une petite maison, il entre sans frapper
    et pour se réchauffer
    s’assoit sur le poêle rouge
    et d’un coup disparaît,
    ne laissant que sa pipe au milieu d’une flaque d’eau,
    ne laissant que sa pipe et puis son vieux chapeau...

    Jacques Prévert, Joseph Kosma: Et puis après...168333.jpg


    VAUCAIRE CORA CHANTE PREVERT ET KOSMA


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    Quelques phrases cultes si j'ose dire !! 




    : « La théologie, c'est simple comme Dieu et dieu font trois »


    © bertrand desprez
    « L'horrible bruit du mot : Silence ! dans le tumulte de l'enfance. » 


    « Laissez les oiseaux à leur mère / Laissez les ruisseaux dans leur lit / Laissez les étoiles de mer sortirent la nuit… » 


    « Bizarre, bizarre ! » et « T'as de beaux yeux, tu sais ! » , phrases inoubliables du cinéma


    « Une orange sur la table / Ta robe sur le tapis / Et toi dans mon lit / Doux présent du présent / Fraîcheur de la nuit / Chaleur de ma vie. » lorqu'il rencontre sa femme, Janine


    « …On ferme ! / On verrouille l'espoir / On cloître les idées … » en mai 68




    «Il y a de grandes flaques de sang sur le monde où s’en va-t-il tout ce sang répandu est-ce la terre qui le boit et qui se saoule drôle de soûlographie alors si sage... si monotone...» dans Paroles


    «Martyr, c'est pourrir un peu.» toujours dans paroles




    d'autres livres incontournables:
    Contes pour enfants pas sages

    Une autruche qui mange des cloches et fait la conversation au Petit-Poucet, des antilopes mélancoliques, un dromadaire mécontent que l'on traite de chameau, un éléphant de mer assis sur le ventre qui, parait-il, jonglerait avec des armoires à glace. Le monde de Prévert n'a pas fini de nous surprendre !


    les 9 chats  © bertrand desprez




    "Biothéologie. En favorisant le croisement d'une souris d'autel avec un rat d'église, saint Sulpice créa le rat d'art, fort habile à dénicher les chefs d'oeuvre pie et le premier à vulgariser l'art des icônes ou Pope Art."






































    Publication par le Cherche-Midi Editeur d'une anthologie de textes de Jacques PrévertL'avènement d'Hitler. Tout au long des années 1930, Jacques Prévert a écrit à chaud sur les événements d'une époque terrible : crise économique, crise sociale, chômage, misère, guerres, invasions, dictatures















    Pour terminer ce petit vagabondage ...

    un must du grand serge en hommage au grand jacques :