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lundi 22 novembre 2010

Marion Bataille "10"...sur 10




Tous les enfants commencent par compter jusqu'à 10:
1,2,3 nous irons au bois, 7,8,9 dans un panier neuf
les 7 nains et les 3 petits cochons
les 5 doigts de la main
4 et 4 font 8
Et les 6 petits poussins...


Après avoir réalisé un extraordinaire pop-up (livre animé), autour de l'alphabet (26 lettres!), Marion Bataille s'est tourné vers les chiffres pour  faire un "10"
Bingo, son travail est magique, les volumes apparaissent délicatement ciselés et la magie des chiffres succède à l'incroyable ABC3D qui avait marqué tous les esprits lors de sa sortie.
Ne parlons pas d'âge (nous sommes de la même année !), ne parlons pas de parcours (ESAG), Marion est tout simplement une magicienne, auteur, artiste, illustratrice.. qui aime se cacher comme j'ai pu le remarquer lorsque j'ai fait son portrait (voir ci dessous).
Une très belle rencontre.

Ses livres sont édités chez Albin Michel





Marion Bataille  © bertrand desprez
Marion Bataille  © bertrand desprez






Marion Bataille  © bertrand desprez

Le fameux ABC3D !!!





© marion bataille


mardi 14 septembre 2010

Le Tatouage






Le mot vient du tahitien tatau, qui signifie marquer ou dessiner. La racine du mot, ta signifie "dessin" et "atua" signifie "esprit,dieu". Le Docteur Berchon, traducteur du deuxième voyage de Cook vers Tahiti en 1772 employa pour la première fois le mot Tatoo. En 1858, le mot fut officiellement francisé en Tatouage et fit son apparition dans le dictionnaire de Littré.




Quand Junichirô Tanizaki écrit cette oeuvre de jeunesse au parfum de scandale, il nous promène au coeur des fantasmes humains, entre sexualité et oeuvre d'art douloureusement tracé sur la peau d'une geisha. L'araignée renvoie à l'image de la prostitution mais aussi à la toile , où ses proies ne cessent de se perdre puis de mourir de désir. Décrivant avec justesse et précision les perversions humaines, Tanizaki à construit une oeuvre littéraire remarquable et fait partie des grands écrivains japonais du vingtième siècle.  BD



© Felice ßéato (1834-1907)






Quelle peut être la signification de ces « fleurs de peau », écloses ici et là, sur un dos comme sur une épaule ? Le tatouage, plus qu’un discours du corps, représente un art de vivre, une philosophie. Dans nombre de civilisations, il traduit la volonté d’apparaître différent, rebelle, ou au contraire exprime la revendication d’un sentiment identitaire. Aujourd’hui, plus que jamais, le tatouage est une façon d’affirmer son moi profond, ses exigences, sa vision du monde. Le tatouage touche à tous les domaines, culturels, sociologiques, artistiques, historiques : il raconte de fait l’histoire de l’humanité.
À quoi correspond ce désir de transformer notre corps, de le façonner comme une œuvre vivante ? Quels fantasmes, quels désirs secrets, quelles démarches particulières suscite-t-il en nous ?



La meilleure réponse qui puisse être apportée à toutes ces questions se trouve dans cette anthologie de 22 nouvelles, pour l’essentiel inédites. De Georges Eekhoud à Ray Bradbury, d’auteurs estampillés rock and roll tels Patrick Eudeline ou Marc Dufaud, tous les courants littéraires sont représentés ici. Ainsi vous retrouverez de nombreux auteurs contemporains tels que : Matthieu Baumier, Alyz Tale, Olivier Delorme, Estelle Valls de Gomis, Armand Cabasson, Robert de Laroche, Jim Tiffany, Jess Kaan, Agnès Dahan, Francis Berthelot, Léa Silhol, Jean Le Clerc de La Herverie, Jean-Michel Calvez, Thierry Acot-Mirande, Markus Leicht, et Daniel Walther.
Ils sont précédés par une belle analyse de Marc Kober (Fleurs de peau) qui examine les aspects du tatouage dans différentes civilisations, tatouages maoris, chinois, africains ou japonais.
Alain Pozzuoli est scénariste, parolier, auteur-radio (pour France-Inter et France-Culture) et biographe de Bram Stoker. Comme anthologiste on lui doit :French GothicLes Morsures du loup-garou et Baisers de sang aux Belles Lettres. Il a édité récemment Dracula, le lexique du vampire.





© bertrand desprez
plage de tateyama 1999




Arromanches 2004
© bertrand desprez

le tigre suédois
© bertrand desprez






mardi 7 septembre 2010

apocalypse robinson ! :prix médicis étranger :




Lorsqu'un homme choisit de vivre pendant un an sur une île sauvage perdu au fin fond de l'Alaska et qu'il emmène son fils de 13 ans pour pouvoir le retrouver après des années de séparation. Lorsque ce même homme s'avère piètre bricoleur et sombre dépressif, il faut s'attendre au pire. Dans ce roman, la solitude fait mal quand elle est mal préparée. Le fils est plus solide que le père, pleurant plus souvent sur son sort d'homme incompris. Et puis soudain, une accélération dans un blizzard surnaturel, le début d'un naufrage, la longue descente vers la folie. Dans un style très américain, l'auteur cisèle ses phrases pour s'approcher au plus près des rapports complexes qui s'établissent entre ce père névrosé, immature et son fils qui le découvre avec étonnement voir stupeur. La nature sauvage de cette île est décrite avec précision délimitant un théâtre effrayant.

Bertrand Desprez








D'autres livres formidables édités par les éditions "Gallmeister"








lundi 6 septembre 2010

Mort d'un jardinier









Mots plantés , sarclés, binés, retournés. Phrases poussées à la verticales, sorties du terreau cérébral. Couché dans l'herbe, l'homme est terrassé et le lecteur embarqué sur une coque de noix, ballotté par les vagues de souvenirs. Ondes des émotions, la vie sur le fil du rasoir. Empilé, recensé, herbier des terrains vagues pour un final en hommage aux souffles de l'existence. 


Merveilleux moments passés au jardin et découverte d'un auteur-poète, déclamant sur scène sa fureur de vivre! 
 


L'AUTEUR



Lucien Suel est né en 1948 dans les Flandres artésiennes où il vit toujours. Il a édité la revue « The Starscrewer », consacré à la poésie de la Beat Generation, puis « La Moue de Veau », magazine dada punk. Il anime la Station Underground d'Emerveillement Littéraire et le blog Silo.
Il a publié de nombreux ouvrages de poésie. Ses oeuvres imprimées comme ses prestations scéniques couvrent un large registre, allant de coulées verbales beat à l'expérimentation de nouvelles formes (poèmes en vers justifiés), du collage et du caviardage (poèmes express) à la performance (notamment avec le groupe de rock Potchük et au sein de Cheval23). 





Je me souviens ainsi de Jean Claude Pirotte, poète et peintre, amoureux du vin et des champs d'orties
Tout cette nouriture de la pensée à déguster avec du conté et un verre de vin d'Arbois rouge .....


L"Auteur:
Né à Namur (Belgique) en 1939, Jean-Claude Pirotte est poète, romancier et peintre. Il a publié son premier recueil, Goût de cendre, en 1963. Voyageur (Pays-Bas, Italie, France), il n'en est pas moins marqué, comme André Dhôtel qui est sa grande admiration, par les paysages austères des Ardennes, ou par ceux qui leur ressemblent, comme ce Revermont (Le Temps qu'il fait, 2008) du Jura français dans lequel il s'est installé. Passage des ombres, c'est d'abord une poésie modeste, qui se coule dans un vers à forme classique, qui en profite pour chanter, à la manière des chansons populaires. Mais dans " la montagne que j'habite / autour de moi se rassemblent / des voyageurs disparus " : ce sont Toulet, Supervielle, Max Jacob, Grosjean, Frénaud, Cayrol, Follain, Guillevic, Tardieu. Il ne les pastiche pas, il écrit un moment avec eux, comme on ferait un bout du chemin, dans leur atmosphère et dans leurs paysages. Car ce livre est d'abord une flânerie, dans les parages et de la mer, dans les neiges et les brumes des pays du nord, "parmi les grands arbres qui tremblent". On y rencontre "un mendiant sous sa tignasse", la fille du cantonnier, un chien qui dort. Et par-dessous tout cela, un mot qu'on ose à peine prononcer, tant sa fraîcheur est fragile : "Ce serait le mot enfance". Alors, s'il faut inclure un "Art poétique", car la mode l'impose, ce sera en forme de pied de nez à toutes les vaticinations de la modernité : il ne faut pas avoir peur des rimes, elles "n'ont jamais mordu personne". Écrire comme on rêve ? "Ce serait trop beau". Il faut se méfier des prétentions rimbaldiennes : "J'établis mon campement / à l'abri des voleurs de feu". Quant aux mots, il ne s'agit pas comme le voulait Mallarmé de leur donner un sens plus pur, mais au contraire d'espérer et d'attendre humblement "comment les mots les plus simples / dévoilent soudain la lumière". C'est donc dans une conception résolument "démodée" de la poésie que s'installe Jean-Claude Pirotte, celle qui ne prétendait pas changer la vie, mais simplement l'enchanter. Son recueil comporte plusieurs "chansons", et comme une ballade, il s'achève sur un "envoi" : envoi ou renvoi, aux neiges d'antan ou aux signes de l'espace d'aujourd'hui "qui vous parlent tout bas". Et pour le reste, "la beauté comme la misère est soumise / aux folles fureurs des intempéries". (Jean-Yves Debreuille) 

mardi 11 mai 2010

Le coeur secret de l'horloge...


© bertrand desprez



Un auteur extrapordinaire ......

Elias Canetti (1905-1994)

Elias Canetti est né en Bulgarie, d’une famille d’origine juive séfarade. Il a côtoyé dès son plus jeune âge toutes sortes de langues et nationalités et vécu son enfance et sa jeunesse dans divers pays européens. Le 15 juillet 1927, un évènement marquera sa vie et son œuvre : une manifestation populaire qui tourne à l’incendie du palais de justice de Vienne. Cela provoquera en lui le désir d’analyser et de comprendre le rapport entre les comportements de masse et le pouvoir. Il étudiera cette problématique centrale de l’histoire du XXe siècle jusqu’en 1960, date de la publication de l’œuvre majeure de sa vie, Masse und Macht (Masse et puissance). « Il se peut que toute la substance du 15 juillet soit entièrement passée dans Masse et puissance. »
Homme de toutes les langues, de toutes les tentatives scientifiques et artistiques, méconnu en France, il devient Prix Nobel de littérature en 1981. Son œuvre, parsemée de journaux, carnets de note et récits de voyage, évoque avec nostalgie la vie cosmopolite de milieux artistiques et littéraires d’Europe Centrale durant l’entre-deux-guerres. 
 Multiforme, fascinant, Canetti n’a cessé, au milieu des grandes révolutions du XXe siècle, de capter la vie dans sa diversité au point de remettre en cause le principe même de la création artistique.

©bertrand desprez

"Comment pourrais-je m’ennuyer tant que je connais des mots ?"

"Dis ce qui t’est le plus personnel, dis-le, il n’y a que cela qui importe, n’en rougis pas : les généralités se lisent dans les journaux."

« Le sage saura demeurer un enfant tout au long de sa vie »

«Personne n'a d'ami pour tout ce qu'il est : ce serait de la corruption.»

«Il y a deux espèces de gens, les trompés et les trompeurs, les faibles et les forts. Les forts sont comme le granit, on peut les presser autant qu'on veut, on n'en tirera jamais rien.»


© bertrand desprez



dimanche 18 avril 2010

Survivance des lucioles



Dans le cadre de l'opération"Déclic et des classes", je travaille dans une école élémentaire, à St Germain Lembron, près d'Issoire. J'encadre un atelier photographique pour des enfants de 7 à 12 ans réunis dans une C.L.I.S. Nous avons choisi avec André David, le maître, une histoire et un lieu "le grenier des lucioles". Les enfants sont tour à tour, comédien, statue, luciole, fantôme et construise des scénètes autour de leur lien d'amitié. Ainsi une nouvelle photo de classe se construit. Voici quelques images:
© bertrand desprez 2010


Les Lucioles : quelques éléments littéraires et photographiques


Denis Roche : « les photographes sont d’abord des voyageurs : comme des insectes en déplacement, avec leurs gros yeux sensibles à la lumière. Ils forment une troupe de lucioles averties

Georges Didi-Huberman: "Dante a, autrefois, imaginé qu'au creux de l'Enfer, dans la fosse des « conseillers perfides », s’agitent les petites lumières (lucciole) des âmes mauvaises, bien loin de la grande et unique lumière (luce) promise au Paradis. Il semble bien que l’histoire moderne ait inversé ce rapport : les « conseillers perfides » s’agitent triomphalement sous les faisceaux de la grande lumière (télévisuelle, par exemple), tandis que les peuples sans pouvoir errent dans l’obscurité, telles des lucioles.
Pier Paolo Pasolini a pensé ce rapport entre les puissantes lumières du pouvoir et les lueurs survivantes des contre-pouvoirs. Mais il a fini par désespérer de cette résistance dans un texte fameux de 1975 sur la disparition des lucioles. Plus récemment, Giorgio Agamben a donné les assises philosophiques de ce pessimisme politique, depuis ses textes sur la « destruction de l’expérience » jusqu’à ses analyses du « règne » et de la « gloire ».
On conteste ici ce pronostic sans recours pour notre « malaise dans la culture ». Les lucioles n’ont disparu qu’à la vue de ceux qui ne sont plus à la bonne place pour les voir émettre leurs signaux lumineux. On tente de suivre la leçon de Walter Benjamin, pour qui déclin n’est pas disparition. Il faut « organiser le pessimisme », disait Benjamin. Et les images — pour peu qu’elles soient rigoureusement et modestement pensées, pensées par exemple comme images-lucioles — ouvrent l’espace pour une telle résistance."


Dans les régions densément peuplées par l'homme, la pollution lumineuse nocturne semble être un des facteurs de diminution des populations de lampyres, en empêchant les mâles de trouver les femelles.

Une présence importante de lucioles semble pouvoir être considérée comme un des indicateurs de bon état de naturalité de l'Environnement nocturne. Autrefois des groupes de milliers de lucioles pouvaient être aperçues sur et autour d'un arbre, aux abords d'un ruisseau. C'est un phénomène devenu très rare hormis dans des lieux éloignés de l'agriculture, des villes et dépourvu d'éclairage artificiel. La fonction de la lumière émise par les lucioles est d’attirer le sexe opposé