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lundi 15 novembre 2010

Automn Leaves from Perrigueux

© bertrand desprez
© bertrand desprez



Bourrasques de pluie, les branches peinent à s'accrocher. Les grands mats tanguent, leurs ossatures craquent comme de vieilles coques de noix. Le vent ne faiblit pas et les ruelles amplifient le souffle humide de l'automne. L'atmosphère est ocre, le ciel rouge comme un feu d'artifice dont le bouquet final embraserait la ville. Perrigueux est endormi et sa cathédrale veille sur ses ouailles. Sur le sol détrempé, des feuilles se couchent sans pouvoir se relever. Elles se superposent, s'entassent puis s'étiolent, disparaissent dans une bouillie d'humus urbain. Dans les parcs, les arbres se dénudent rapidement surpris par la rapidité et la force du coup de semonce, l'automne a frappé, effeuillant sans vergogne les bras des géants endormis. Les gouttes se déposent ça et là, tableaux abstraits d'une nature flamboyante. Autumn leaves .



Voici quelques propositions musicales, poétiques  et quelques images
© bertrand desprez
© bertrand desprez
 bertrand desprez






Dussent blanchir mes os
jusques en mon 
cœur le vent
pénètre mon corps
Matsuo Bashô (René Sieffert)



Holà ! batelier
Interdiction d'uriner
sur les vagues de la lune
Kobayashi Issa (Jean Cholley)



Je pisse
sur les feuilles mortes
Bruissement
Hôsha (Coyaud)



  Keith Jarett




© bertrand desprez
Adderley + Miles:




© bertrand desprez

© bertrand desprez

© bertrand desprez
© bertrand desprez
© bertrand desprez


Nat King Cole:

Chet Baker:



© bertrand desprez
© bertrand desprez


Bil Evans:



© bertrand desprez


Partition : AUTUMN LEAVES

Haïkus d'automne:
Telle la main droite / d'une sage-femme / la feuille d'érable en automne 
Samboku, 17ème siècle

Les herbes se couvrent/ d'automne / Je m'assieds
Matsuo Bashô 1644-1694


© bertrand desprez

© bertrand desprez

© bertrand desprez






Verse l'averse d'automne / je ne suis / pas encore mort!
Taneda Santôka , 1882-193

mardi 18 mai 2010

Basho, pour le plaisir des sens



Le Japon me fascine toujours et certainement restera l'énigme de ma vie. Tout est complexe et pourtant si fluide, regardez les haïkus, forme poétique composée de trois vers formés de 5 puis 7 enfin 5 syllabes. On attribue à Basho (1644-1694), la paternité du haïku.


La vie de ce fils de samourai, né près de Kyoto en 1644, fut exclusivement voué à la poésie. Âgé de treize ans, il apprend auprès d’un maître du haïkaï les premiers rudiments de ce genre. Plus tard, après avoir lui-même fondé une école et connu le succès à Edo (l’actuelle Tokyo), il renonce à la vie mondaine, prend l’habit de moine, et s’installe dans son premier ermitage. Devant sa retraite, il plante un bananier, un bashô, offert par l’un de ses disciples - ce qui lui vaudra son pseudonyme. Sa vie est dès lors faite de pauvreté, d’amitiés littéraires et de voyages. Osaka sera le dernier. Après avoir dicté un ultime haïkuà ses disciples éplorés, il cesse de s’alimenter, brûle de l’encens, dicte son testament, demande à ses élèves d’écrire des vers pour lui et de le laisser seul. Il meurt le 28 novembre 1694. Sur sa tombe, on plante un bashô.

Bibliographie : Cent onze haïku de Bashô, Verdier 2002. Traduction de Joan Titus-Carmell

.


何の木の
花とはしらず
匂い哉

les fleurs de quel arbre-
impossible de savoir
mais un tel parfum !

nan no ki no
hana towa shirazu
nioi kana

起きよ起きよ
我が友にせん
寝る胡蝶

réveille-toi, réveille-toi
et deviens mon compagnon
papillon qui dort

oki yo oki yo
waga tomo ni sen
neru kochô

さまざまの
事おもひ出す
櫻かな

tant et tant de choses
me reviennent à l'esprit
fleurs de cerisiers !

samazama no
koto omoidasu
sakura kana

稲妻に
さとらぬ人の
とうととさよ

devant un éclair
l’homme qui ne comprend pas
est bien admirable !

inazuma ni
satoranu hito no
tôtosa yo

冬枯や
世は一色に
風の音

désolation hivernale
dans le monde monochrome
le bruit du vent

fuyugare ya
yo wa hito iro ni
kaze no oto


春雨や
蓑吹き返す
川柳

ô pluie du printemps !
un saule caresse
ma cape de voyageur...

haru same ya
mino fuki kaesu
kawa yanagi