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mercredi 23 juin 2010

la bouche en carton


© azylis rouaud

Jamais je n'étais monté sur scène, côté jardin, attendant derrière le rideau le moment fatidique où il est impossible de faire marche arrière. Cela faisait deux heures que j'attendais en coulisse, répétant mes quelques notes de trompette (la panthère rose) et chevauchant mon monocycle avec fougue. Le spectacle commença par une chorégraphie contemporaine puis enchaîna rapidement sur le cirque, le grand avec funambule et grand bazar !


Je regardais les petits avec émerveillement puis les adolescents avec envie car leurs corps étaient souples et bondissants, salto, saut périlleux et trampoline acrobatique sans problèmes. Alors ma bouche devint carton pâte, mes jambes se durcirent comme celles de pinochio. La boule m'attendait et le rideau était fermé.....

© azylis rouaud

Quelques minutes plus tard, tout était terminé, couac à la trompette, étalement horizontale avec le monocycle, heureusement les pyramides furent égyptiennes, solaires et royales ! Mais quel bonheur d'être sur scène, mais quelle horreur d'entrée en scène, pendant plus de vingt-cinq ans j'avais photographié la vie, ses coulisses, ses trépidations et là je me retrouvais confronté au public, en direct sans images accrochées au mur.

© azylis rouaud


Je me suis soudain senti vivant, extrêmement vivant et terriblement humain.

3 commentaires:

  1. Quel courage !
    Une des images créditées Azylis Rouaud pourrait s'ajouter à ta série "Homanimus" : on y rencontre une bête de scène !
    Amicalement
    Eska

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  2. Et pourtant Bertrand en voyant les images, on est sur que tu as fait ça toute ta vie.
    En tout cas, bravo l'artiste, et je suis certain que ça doit être terrifiant et tellement vivant de se retrouver comme tu dis "confronté au public"

    Gillou.

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